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On lui disait Jean des collines

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En remontant le chemin caillouteux qui menait vers un vieux mas provençal, de loin, on  pouvait l’apercevoir, assis sur une pierre de meule renversée, tel, le penseur de Rodin, le poing fermé sur son menton anguleux.

Ce qui surprenait, c’etait le ton basané de son visage.

Il faisait penser à la couleur des sacs de cuir, que les élégantes arboraient, les dimanches à la messe de onze heures.

D’où venait-il, ce Jean des collines? Nul ne le savait, ou personne n’osait aborder le sujet.

Lorsqu'on s’aventurait à demander son âge, il plissait les yeux, et invariablement répondait, "tu n’étais pas né !"

Ce qu’on savait, c’est qu'il entretenait, cette culture étagée, nous, on leur dit : des restanques.

Invariablement, il remettait en place, les pierres, que les pluies torrentielles d’été, dérangeaient.

En regardant ses mains, on pouvait voir ses veines bleues et saillantes, à elles seules elles contaient une vie d’âpre labeur.

Encore, à son âge, il montait au plus haut de la restanque, il avait attelé une jeune jument, que le vieux Grégoire d’en bas lui prêtait gracieusement.

Il piquait le soc, dans la terre encore meuble, de la dernière pluie, et hue disait-il à Vagabonde, qui s’arrachait avec force et plaisir, trop heureuse de dégourdir ses pattes.

Jean prenait toujours soin de contourner les racines des oliviers centenaires.

Il avait un respect profond pour ces vieillards chenus, il leur parlait caressant leur écorce rugueuse, on ne sait s’il nouait un dialogue, c’etait un mystère.

 

Publié le : Vendredi 13 décembre 2019 @ 13:06:49

Mon père était cordonnier

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Mon père a été un point d’ancrage, un barycentre autour duquel je me suis construit.

On ne le sait pas quand on est enfant, on le découvre plus tard quand on hérite des valeurs qui étaient les siennes.

Mon père était cordonnier. Cordonnier mais aussi coupeur. Il travaillait  en ville dans quelque atelier qui me paraissait si loin que je n’ai aucun souvenir d’y être allé souvent.

Il me suffisait de le voir chez nous où il avait recréé son monde de manière à y officier.

C’était dans mes huit ans, cet enchantement silencieux de simplement m’asseoir là sur un petit tabouret, un peu bancal, et de le regarder, simplement le regarder.

Il avait des gestes précis mais doux, hérités d’un long apprentissage, ses mains fortes savaient s’assagir et caresser le cuir afin d’en connaitre le grain, le caractère, en assurer la domesticité, le libérer de sa mémoire de bête.

Il a toujours voulu faire bien pour faire beau.

Après que les deux fussent en communion, la main et le cuir, il y avait toujours cette phase qui me donnait des frissons. Le tranchet trouvait sa trajectoire gourmande dans la peau assouplie et mon père découpait des territoires de couleur. Les formes de ces continents éphémères me paraissaient curieuses et toutes différentes, sans se parler l’une à l’autre.

J’attendais alors la magie, sans un mot, avide de voir s’assembler ces fragments dépareillés pour que naisse l’objet terminé, finement cousu de ligneuls passés par l’alène qui me paraissait gigantesque.

 

Publié le : Jeudi 05 décembre 2019 @ 10:25:14

Mi Ricordo.

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Non, je ne me souviens pas de l’atelier de mon père.

Quand, mon père, Jean, parlait de l’atelier, c’était l’appellation générique,

pour parler de son lieu de travail : les ateliers de construction navale , à la Ciotat, ville d’accueil, de mes parents

qui venaient de l’Italie du sud, trouver leur eldorado.

Ce dont je me souviens, c’est d’avoir fréquenté l’echopppe de son compatriote, monsieur Sergio, cordonnier de son état 

et ou l’on m’envoyait voir l’avancement , de la confection, d’une paire de chaussures.

Buongiorno Antonio !

Come va il tuo padre.

Invariablement, je répondais : è stanco.

Mais pourquoi tant de fatigue ?

 

C’est qu’il commence à prendre de l’âge, et son contremaître s’evertue à le faire grimper sur les échafaudages.

Comment , notre ami, arrivait-il a parler, tout en pinçant entre ses lèvres, des petits clous qu’il appelait des semences.

Je me garderai bien de dire, qu’il travaillait à perdre haleine, jeu de mot mal venu pour un cordonnier.

 

Publié le : Jeudi 05 décembre 2019 @ 10:16:42

Image(s) in air à la Londe les Maures

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Entre photographes professionnels et photographes amateurs, ce sont des centaines de photographies à voir et revoir à la Londe les Maures. La poésie de nombre d'entre elles permet d'alimenter l'inspiration et vous amènera à l'écriture.

Un bon moment de déambulation parmi des univers différents où vous pourrez rencontrer les auteurs ou simplement faire le plein d'images originales.

Une immersion vous est proposée par le site en visite à l'exposition, en cliquant ICI.

L'exposition est terminée depuis le 6 Octobre.

 

 

Le palmares du 5 Octobre 2019 a récompensé 

Prix du jury :
1er Laurent Dequick (LDK photo) LDK photo
2eme Fanny Genoux Fanny Genoux
3ème Laurent Farges Laurent Farges

Prix du public offert par Success Credit :
Florian Gruet Florian Gruet

Prix de la Galerie LISA YellowKorner Toulon : Frédéric Buquen Frédéric Buquen

Vous les retrouvez dans le film du 2 Octobre proposé ci-dessus.

 

Publié le : Mardi 08 octobre 2019 @ 10:53:35

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Lettre à un ami.

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Mon cher Robert,

figure toi, que ce matin même, je fouillais dans mon grenier, à la recherche de je ne sais pas (j’adore fouiller)

et j’ai mis la main sur une vieille croûte qui mettait au premier plan des oliviers, et ceci m’a ramené dans 

ma Provence natale , du temps où l’olivier était cher à mon cœur.

Aimer les oliviers me diras tu, ceci te paraît incongru.

C’est, que ma mère, Rose, avec sa sœur Pierrette, allaient glaner les olives vers la fin du mois de septembre 

et les assaisonnaient à leur façon, elles faisaient le régal de notre table, qui était des plus frugales.

Plus triste fut l’année 1956, ou l’hiver fut si rigoureux, que ces arbres nobles et centenaires 

furent gelés , et certains, j’usqu’à la racine.

D’autres, tels des SPHYNX , renaquirent de leurs cendres.

 

Note :

Merci Antoine pour ton texte.

Désormais les amis des animaux refusent d'attribuer la qualificatif de gouttière à notre chat classiquement locataire de nos fauteuils. Il convient de le nommer chat européen, ce qui l'insère dans une étendue bien plus grande alors qu'il était bien, installé sur nos toitures à deviser avec le croissant de lune.

Van Gogh signai pour sa part Vincent et ton tableau, en partie effacé sur la signature, restera croûte à jamais.

Amitiés.

Publié le : Mercredi 02 octobre 2019 @ 11:21:51

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