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Cycle Jean Giono: un texte de Dominique

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LETELLIER  TERRE d'OR

Descendant vers la mer, sage,
Toute en eaux, marais et marécages,
Portant flamants, chevaux et attelages,
La Provence aquatique scintille ;
Emmitouflées par le vent, ses herbes brillent
Ses homme prient et chantent
En une suave musique omniprésente
Tandis qu’à l’autre bout, terre d’ocre,
Sèche et douce à la fois,
Brûlante sous le soleil du haut pays,
Et fière d’exhaler tant de subtiles odeurs,
De nous offrir tant d’exquises saveurs ;
Mais aussi souffleuse de vent
Capable d’engendrer tous les temps.
Tel un œil de biche souligné au khol
Sa silhouette s’allonge vers les cols
Suivent la ligne bleu-vert des cyprès,
Ondulent au vent sombre des oliviers.
Son peuple, comme un tronc noueux, taiseux
Ploie sous le bois sec et l’effort
Le peintre céleste y a ajouté une touche de lavande
Un once de miel d’or
La Promesse d’un Bonheur isolé.

Dominique

 

Publié le : Vendredi 13 décembre 2019 @ 15:03:20

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Cycle Jean Giono Un texte de Jean Michel

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LETELLIER   TERRE d'OR

Ennemonde, comme les vieux ceps à l’automne, sentait confusément que la sève refluait dans tous ses membres.
Seul le souvenir vivace d’un passé florissant, maintenait encore un embryon de lumière alors que l’obscurité d’un hiver qui approchait, envahissait de plus en plus son ciel.
Son Clé des Cœurs qui lui avait apporté tant de joie et d’amour n’était plus là pour lui tenir chaud la nuit lorsque le vent rôdait comme une couleuvre sifflant sur les tuiles de sa maison.
Ce fut comme un coup de tonnerre, une foudre brutale qui la frappa, le jour où dans une cabriole, suite à un repas quelque peu aviné, il se tordit le coup en retombant.
On entendit un craquement sec comme un coup de fouet, elle en gardait encore le souvenir dans sa tête. On le vit gesticuler un moment comme un gros ver, les yeux écarquillés disant une surprise absolue, la bouche ouverte il s’affaissa définitivement.

Publié le : Vendredi 13 décembre 2019 @ 14:58:21

Cycle Jean Giono. Un texte de Suzanne

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LETELLIER    TERRE d'OR

À mon cousin berger à quinze ans.

Seul et pensif Manu petit Manu
Garde son troupeau sur terre nue
Vagues de collines jaunies de soleil
Il est parti à l’estive dès son réveil
Sur sa tête un béret très chaud
Une houppelande posée sur son dos
Il faut bien ça pour garder troupeau
Quand il le surveille tout là-haut
À l’aulne de ses quinze ans il rêve
De la ville, des rires, des filles d’Eve
Fragile dans ce paysage qui s’endort
Dans la douceur de couleurs vert et or
Jeune et déjà tellement vieilli par l’usure
Du temps qui s’étire sur les pentes de Lure
Confronté aux démons de la solitude
Attelé dès l’enfance à une vie rude
Il soliloque en lui-même des mots d’amour
Que lui susurrent les douces courbes à l’entour
Son bâton posé dans sa main effleure le champ doré
Est-il ici ou déjà d’un autre lieu à l’orée ?

Suzanne

Publié le : Vendredi 13 décembre 2019 @ 14:51:29

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Poursuite du cycle Jean Giono

Le travail continue pour l'atelier buissonnier. Ce jeudi 12 Décembre nous avions rendez-vous avec la SOlitude de la Pitié et Ennemonde at autres caractères.

C'est, à grand renfort de chaleur et d'amitié, que nous nous retrouvâmes en campagne à Puget-Ville pour taquiner la plume. Après une immersion dans le prose poétique de Jean Giono avec la Main, tous déjà emplis de la musique et des images de la dernière séance où le monde de "Que ma joie demeure" avait fait irruption, nous avons écrit durant la matinée un texte sur les mains. 

Quelques clichés surent titiller l'inspiration et nous amener, après la lecture et le repas pris en commun, à Ennemonde et ses ravages qui ne laissèrent pas indifférents. L'illustration des lithographies de Letellier dans Terre d'Or, commentée par Giono, servit de point d'appui pour le travail d'écriture de l'après-midi.

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On se rertouve après les fêtes le 8 Janvier, pour le Hussard, l'Homme qui plantait des arbres et les rois bien entendu.

Bonnes fêtes à toutes et à tous !

Publié le : Vendredi 13 décembre 2019 @ 14:41:27

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On lui disait Jean des collines

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En remontant le chemin caillouteux qui menait vers un vieux mas provençal, de loin, on  pouvait l’apercevoir, assis sur une pierre de meule renversée, tel, le penseur de Rodin, le poing fermé sur son menton anguleux.

Ce qui surprenait, c’etait le ton basané de son visage.

Il faisait penser à la couleur des sacs de cuir, que les élégantes arboraient, les dimanches à la messe de onze heures.

D’où venait-il, ce Jean des collines? Nul ne le savait, ou personne n’osait aborder le sujet.

Lorsqu'on s’aventurait à demander son âge, il plissait les yeux, et invariablement répondait, "tu n’étais pas né !"

Ce qu’on savait, c’est qu'il entretenait, cette culture étagée, nous, on leur dit : des restanques.

Invariablement, il remettait en place, les pierres, que les pluies torrentielles d’été, dérangeaient.

En regardant ses mains, on pouvait voir ses veines bleues et saillantes, à elles seules elles contaient une vie d’âpre labeur.

Encore, à son âge, il montait au plus haut de la restanque, il avait attelé une jeune jument, que le vieux Grégoire d’en bas lui prêtait gracieusement.

Il piquait le soc, dans la terre encore meuble, de la dernière pluie, et hue disait-il à Vagabonde, qui s’arrachait avec force et plaisir, trop heureuse de dégourdir ses pattes.

Jean prenait toujours soin de contourner les racines des oliviers centenaires.

Il avait un respect profond pour ces vieillards chenus, il leur parlait caressant leur écorce rugueuse, on ne sait s’il nouait un dialogue, c’etait un mystère.

 

Publié le : Vendredi 13 décembre 2019 @ 13:06:49

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